Terminator Salvation
Avant que le premier crétin venu de vous pollue l’esprit avec ses remarques débiles du genre “Ah bah j’ai trouvé que la première demi-heure de bien après je me suis fait chier“ ou encore “Ah bah aller au cinéma pour voir un film, super quoi, non merci“, je m’empresse de vous donner mon avis et de joindre un résumé saturé de spoilers de l’oeuvre cinématographique qu’est Terminator Salvation, habilement traduit par un jeune stagiaire en Terminator Renaissance. Tout d’abord sachez que j’ai trouvé ce film pas si mal, voire plutôt bien, comparé au condensé de déjection bovine auquel on était légitimement en droit de s’attendre. Après c’est loin d‘être le film de l’année, mais on passe un bon moment, et je fais confiance à cet incroyable organe qu’est mon cerveau pour effacer toute souvenir résiduel du film d’ici deux mois, pour ne garder que l’information principale : les deux dernières minutes sont à pleurer de nullité. Mais à pleurer du caca.

Ceux qui n’ont pas vu le film et qui souhaitent le voir, peuvent stopper la lecture de cette formidable critique dès maintenant. Juste pour information, ne regardez pas la bande-annonce qui raconte l’intégralité du film.
Pour les autres, c’est l’heure de vous faire spoiler la face, les gars. Et ouais.
Nous sommes en 2018 John Connor a.k.a. Bruce Wayne a.k.a Batman Begins a tombé la batchemise et se retrouve chef de la résistance humaine contre Skynet, les méchantes machines, grâce à son charisme hors-norme et ses talents de meneurs d’hommes.
A cause d’une cassette laissée par sa Môman, il est persuadé d‘être une sorte d‘élu ou de messie (Elliot) et du coup il est prêt à tout pour sauver son cul, y compris sacrifier ses copains résistants. Ce comportement puéril et égoïste lui vaut d’ailleurs le surnom de John Connar au sein de sa bande. Dans sa mission divine d’autopréservation, il doit aussi veiller à sauver le postérieur de son père, alors jeune adolescent fichtrement téméraire mais un tantinet pédophile (preuve en est le mutisme post-traumatique de la petite), pour s’assurer qu’il l’enverra bien dans le passé, afin qu’il y accomplisse l’acte de procréation avec sa mère, et accessoirement qu’il y meure, provoquant par la même occasion une boucle temporelle assez paradoxale mais néanmoins classique pour l’amateur de Science-Fiction un tant soit peu autiste et gras.
C’est compté sans les machines et leurs plans machiavéliques qui mettent au point une sorte de gendre idéal cybernétique, qui ne manquera pas de séduire une pilote de chasse (est-il besoin de préciser dramatiquement bonne?) afin d’infiltrer la résistance et d’amener John Connar à venir sauver son adolescent de papounet prisonnier des machines. John Connar qui, bien sûr, sera abasourdi de découvrir que les machines ont créé des faux humains, comme si il n’en avait pas déjà vu trois par le passé, non mais oh pour qui il nous prend, ça va à la fin.
S’en suivront alors un combat inutile entre John Connar, le gentil Terminator et le gouverneur de Californie à poil full 3D, une explosion thermonucléaire déclenchée à l’aide d’un improbable détonateur en fil de fer, une évacuation du quartier Général de Skynet fingers in the nose, et une barre de fer en travers de la cage thoraxique de John Connar, mourant. Ce dernier élément étant finalement le seul qui soit vraisemblable parmi la liste présentée.
Et c’est là qu’on se dit “Ah mais putain ce film est génial, John Connar va crever comme une merde alors qu’il a sauvé son père et explosé la base des méchants, justifiant par là même l’envoi d’un T-800 tout nu dans le passé pour l’empêcher de naître!”. Mais que nenni, les gars. C’est en fait à ce moment là qu’il faut rapidement attrapper sa veste et quitter en urgence la salle de cinéma, sous peine d’assister aux deux dernières minutes du film qui provoqueront immanquablement la diarrhée lacrymale décrite au début de cet article :
John est donc sur le point de quitter ce monde sur un lit d’hôpital poussiéreux en plein désert du Mojave. Gendridéalator, merveille de technologie, machine extraordinaire, robot surpuissant au squelette d’acier, trésor scientifique pour les humains, qui serait au final nettement plus utile à la résistance humaine qu’un pauvre John Connar, propose sur un coup de tête et alors que tout va bien pour lui, de faire don de son coeur. Rires dans la salle. John Connar, investi de sa mission de survie personnelle, accepte bien sûr volontiers ce présent et se contente d’un “L’important c’est le coeur, garçon“ ou un truc comme ça, en gros une phrase débile impossible dans la bouche d’un John Connor digne de ce nom. Le robot est donc euthanasié sans le moindre remord, et la transplantation cardiaque en plein désert à l’abri de toute infection nosocomiale est laissé à l’imagination du spectateur, tout comme la conclusion de cet article.
Commentaires inutiles (10)
Tom
Le 16.06.2009 à 18h31 #
Molmo
Le 16.06.2009 à 20h40 #
Aurelien
Le 16.06.2009 à 23h00 #
Loïc
Le 16.06.2009 à 23h37 #
Loesha
Le 17.06.2009 à 08h11 #
Kokoni
Le 17.06.2009 à 09h25 #
Grégo
Le 17.06.2009 à 11h10 #
Molmo
Le 19.06.2009 à 10h35 #
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